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Portrait : John Baskerville, à la pointe de la technique et de la typographie

D’une nature perfectionniste, John Baskerville a marqué le XVIIIème siècle avec la création de la famille typographique des Réales : le Baskerville (1752). Cette police d’écriture a été reprise et retravaillée de nombreuses fois à partir du XXème siècle. Devenue intemporelle, cette typographie fait aujourd’hui partie des polices disponibles sur tablette, comme l’iPad, pour lire des ouvrages.

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Qui est John Baskerville ?

John Baskerville (1706-1775) est un graveur d’inscriptions funéraires et un vernisseur de meubles laqués ayant fait fortune. En 1725, il arrive à Birmingham et poursuit sa carrière de professeur d’écriture. Il se passionne alors pour la calligraphie et la typographie. En 1750, il ouvre sa propre imprimerie et ouvre son atelier typographique. Imprimeur et créateur de caractères, John Baskerville maîtrise à la fois les aspects techniques et artistiques de son métier.

En 1758, John Baskerville reçoit une promotion et devient alors imprimeur de l’Université de Cambridge. En 1764, cet éditeur se marie avec Sarah Eaves. La même année, il rencontre Benjamin Franklin et se lie d’amitié avec l’imprimeur et scientifique.

Pointilleux et méticuleux, cet éditeur s’est efforcé à offrir à ses caractères le meilleur support possible. Pour cela, il a notamment contribué à l’amélioration de la texture des encres d’imprimerie et a collaboré avec James Whatman, un fabricant de papier. « Perfectionniste, Baskerville ira jusqu’à faire lustrer au fer à repasser les feuilles de papier avant impression, ce qui donnera à ses éditions un aspect d’absolue perfection, jamais vue jusqu’alors » [1].

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Le style de John Baskerville : une police d’écriture raffinée et élégante

Considéré comme un caractère de transition, le Baskerville est une police inspirée du rococo qui se situe entre le vieux Caslon, le Bodoni et le Garamond, d’un point de vue historique et typographique. En 1752, le typographe John Baskerville conçoit une police d’écriture qu’il baptise en son nom. Celle-ci se présente comme une évolution de la Caslon, une police à empattements, créée par William Caslon au XVIIIème siècle.

Pour plus de lisibilité et de netteté, John Baskerville joue sur le contraste « entre traits fins et gras, crée des sérifs effilés, et utilise des formes plus circulaires et des lettres plus régulières » [2]. La composition géométrique confère à la fois sérieux, dignité et stabilité à la police. Parmi les grands classiques de cette typo, on retrouve le « Q » majuscule et le « g » minuscule. A partir de 1952, la police de caractères Baskerville appartient à la famille typographique des Réales.

Les réinterprétations typographiques du caractère Baskerville

En 1920, le typographe Bruce Rogers a redessiné le caractère Baskerville en le modernisant, une actualisation qui a su intriguer les fonderies de caractères. Et pour preuve : en 1923, la société Monotype a conçu sa propre version du Baskerville à partir d’un exemplaire des Comédies de Terence (1772).

Réinterprété par différents graphistes et fonderies de nombreuses fois, ce caractère est aujourd’hui « disponible auprès de Linotype, Berthold […], Bitstream, Mecanorma, Scangraphic… Les puristes se tourneront sans doute vers la version de Frantisek Storm nommée John Baskerville, basée sur la bible et le Virgile, particulièrement destinée aux textes longs. » [1].

La dessinatrice de caractères américaine Zuzana Licko a également reproduit le Baskerville en lui conférant un côté davantage féminin. Pour renforcer ce dernier aspect, elle a choisi de baptiser sa version du Baskerville du nom de la compagne du typographe, Mrs Eaves.

Sources : [1] Typographisme.net; Universalis.fr; Abc.planete-typographie.com; [2] Londrescalling

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